2.3.05

Fidel ne fut pas toujours le Diable

fidel
Castro avec les Minneapolis Millers en 1959

Il y a aux Etats-Unis une telle diabolisation de Fidel Castro et de Cuba que je croyais qu’il en avait toujours été ainsi depuis la révolution du 1er janvier 1959. En fait, non. Comme je viens de le découvrir aujourd’hui grâce à un échange d’email avec mes amis Bill Krohn et Joe McBride, il a existé une période de coexistence entre les Etats-Unis et Castro qui a duré jusqu’au début de 1960. Courte, certes, mais qui a laissé des souvenirs cocasses.
Bill par exemple se rappelle que dans un journal gratuit distribué à tous les lycéens, il y avait un portrait de Castro avec ce titre : « Le géant barbu et amical du Sud ». Quant à Joe, il se rappelle qu’il regardait à la télévision les matchs cubains de baseball avec Castro qui commentait l’action entre chaque manche. Il l’avait aussi vu en direct à la télévision lors de l’émission-phare « Person to Person » d’Edward Murrow, la star de CBS. Évidemment, une fois que Nixon (qui était vice-président) fît comprendre au « géant barbu et amical » que les Etats-Unis voyaient quand même d’un mauvais œil sa Révolution, et qu’il se mit à acheter du pétrole à l’URSS, la lune de miel se termina.

Je ne tire aucune conclusion particulière de cet épisode, mais cela m’amusait juste de le raconter en me disant que je n’étais peut être pas le seul à avoir oublié – ou plutôt à ne l’avoir jamais appris ou enregistré. Bon, si, j’en tire quand même quelque chose : Castro ne fût pas le seul à avoir ce genre de relation avec les Etats-Unis, ami un jour, ennemi le lendemain. C’est même fréquent dans l’histoire de relations internationales des Américains avec le reste du monde. Ce qui me donne une idée : chers « commentateurs » de ce blog : quels sont les exemples qui vous viennent en tête ? (Saddam Hussein est hors-concours, parce que trop facile…)

D’ailleurs, je tenais à vous remercier tous, vous qui laissez des commentaires sur ce blog. C’est une nouveauté pour moi (par rapport à l’ancienne version du blog) et j’en suis ravi, mais surtout je suis impressionné par la qualité et la pertinence de vos remarques. Continuez à débattre !

5 Comments:

Anonymous Hors Sujet said...

En effet, la politique des USA envers Castro passa par un moment de manque de clarté et de diréction. Ce fut un cas de la main droite qui ne sais pas ce que fait la main gauche. Ainsi, Earl Smith qui fût nommé ambassadeur américain à la Havane pour "nouer des liens avec l'après Batista" fît un voyage, a ses frais, jusqu'a Washington pour avertir les gens que les relations avec Castro ne marcheraient jamais, pendant que le Département d'État, évitant son propre ambassadeur, aida à armer Castro.

Castro lui même ne se décida pas franchement pour le bloq soviétique avant d'être bel et bien laché par les américains.

Pour un autre exemple de bonne relation qui a mal tourné, c'est facile: Ossama Ben Laden.

2/3/05 22:45  
Blogger Tombook said...

je propose le general Noriega, qui fut lui aussi pendant un certain un grand ami des Etats unis... mais l'amour ne dure qu'un temps.

3/3/05 03:39  
Blogger Raphael said...

Le number One c'est quand même Ben Laden.
C'est facile de se moquer des américains mais il s'agit quand même d'un classique des relations internationales.
La France a pas mal soutenu de dictateurs en Afrique pour les laisser tomber ensuite quand ils devenaient trop génants (Bokassa par ex.). la guerre froide a aussi été un grand moment de retournements de veste.

3/3/05 07:50  
Anonymous Anonyme said...

Preuve que dans les relations diplomatiques internationales, on regarde en premier lieu les avantages économiques qu'on peut obtenir. Il est toujours temps ensuite de revenir sur sa position lorsque les vents tournent.

3/3/05 08:37  
Anonymous gimik said...

Jacques Chirac! Enfin presque! Mais là ça a l'air de s'arranger! :o)

4/3/05 10:40  

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